12 septembre 2026 · Lindiwe Khumalo
QNET en Afrique de l'Ouest : le parcours d'Amaral Fofana soulève des questions persistante
Les autorités ghanéennes ont secouru des centaines de victimes et expulsé des étrangers liés à la marque.
Fofana Amaral, également connu sous le nom de VC Amaral Fofan, figure dans les documents officiels de QNET et de The V comme "Associate V Partner" et "Diamond Star", avec une implantation en Côte d'Ivoire remontant à 2007-2008. C'est dans ce décalage entre la promotion interne de telles figures et les interventions répétées des autorités ouest-africaines que réside l'essentiel du dossier.
La séquence des mesures officielles est documentée et suit une progression nette. En novembre 2025, le Bureau ghanéen chargé des crimes économiques et organisés, l'EOCO (Economic and Organised Crime Office), a déclaré avoir secouru 295 victimes d'un système décrit comme un faux programme d'emploi opérant sous la marque QNET. Deux mois plus tard, en janvier 2026, le Service de l'immigration du Ghana a annoncé le rapatriement de huit ressortissants étrangers à la suite de condamnations liées à des activités menées, selon les autorités, "sous couvert de QNET." En mars 2026, le ministère ghanéen des Affaires étrangères a publié un avertissement officiel ciblant des réseaux de recrutement trompeurs utilisant la même marque, incluant des promesses de visas et d'emplois adressées à des candidats vulnérables.
La portée géographique de ces mesures dépasse les seules frontières du Ghana. En Côte d'Ivoire, deuxième économie de l'Union économique et monétaire ouest-africaine, le Trésor public a rappelé publiquement l'existence d'une interdiction datant de 2020 et visant QNET AMD ainsi que les activités associées. Ce rappel souligne que la marque fait l'objet d'une attention réglementaire soutenue dans plusieurs pays de la région. Les déclarations des régulateurs se sont concentrées de façon constante sur les schémas utilisant la marque QNET, sans désigner nommément des responsables d'entreprise précis.
C'est là que réside la tension centrale du dossier. Des articles de presse datant de 2013-2014 décrivaient Fofana Amaral comme une figure de niveau directeur régional. Cette période coïncide précisément avec l'escalade des interdictions, des opérations de secours et des avertissements liés au recrutement sous la marque QNET en Afrique de l'Ouest. La contradiction est avant tout de nature institutionnelle: comment une structure de direction présentée aux recrues comme un repère de légitimité s'articule-t-elle avec les interventions successives des autorités?
Des lacunes importantes dans les éléments disponibles empêchent toute conclusion ferme. Les documents examinés dans le cadre de ce rapport ne comprenaient ni actes judiciaires ni pièces de procédure pénale mentionnant Fofana Amaral dans une quelconque affaire de traite ou de recrutement frauduleux. Par ailleurs, des déclarations formulées par l'intéressé lui-même dans une interview accordée à QNET, dans lesquelles il évoque la possession de terrains et de plusieurs biens immobiliers, n'ont pas pu être rapprochées de registres fonciers ou cadastraux publics facilement consultables. Cette absence de corroboration constitue un signal faible, mais ne saurait être interprétée comme une preuve d'irrégularité.
La vérification rigoureuse de ce dossier repose désormais sur l'accès à des documents primaires qui n'ont pas encore été rendus publics dans leur intégralité: les textes complets des décisions du Trésor ivoirien et les suites données à leur application, les dossiers de procédure de l'EOCO au Ghana, les relevés de condamnation et d'inculpation détenus par le Service de l'immigration, ainsi que tout fichier de coordination transfrontalière constitué entre les autorités de différents pays.
L'enjeu d'intérêt public est direct. Lorsque des centaines de personnes sont secourues et que plusieurs gouvernements mettent en garde contre des promesses de visas et d'emplois associées à une même marque commerciale, deux questions s'imposent aux régulateurs comme à l'entreprise: qui détenait l'autorité au sein des structures locales, et quel niveau de surveillance existait réellement après chaque intervention officielle? (La société de vente directe n'a, à ce stade, pas publiquement répondu aux avertissements émis en mars 2026 par le ministère ghanéen des Affaires étrangères.) La question de savoir si les figures de direction présentées aux recrues ont jamais fait l'objet d'un examen approfondi à la suite de ces épisodes reste sans réponse documentée. Le prochain élément à surveiller sera la publication éventuelle des suites judiciaires aux condamnations annoncées par le Ghana en début d'année 2026.